Les médias et leurs analyses

FAE- UNES: should I stay or should I go ?

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Sources: 

L’Auditoire: Vie post-UNES, quelles alternatives ?

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Source: http://www.auditoire.ch/_mem/download/234.pdf

« Les étudiants de l’UNIL vont quitter l’UNES »

"L’annonce est assez laconique. La Fédération des associations d’étudiants de l’UNIL fait savoir qu’elle a décidé de quitter l’association faîtière regroupant les étudiants et étudiantes de la majorité des universités suisses, l’UNES – Union nationale des étudiants de Suisse. La décision a été prise par l’assemblée des délégués de la FAE, sorte de parlement interne regroupant notamment des représentants des associations de faculté. En nombre de voix, 13 se sont exprimées pour le retrait, 1 contre, et il y a eu 9 abstentions. L’AGEPoly, l’équivalent de la FAE à l’EPFL, avait fait de même en 2014. «Si la FAE prend cette décision, c’est pour un ensemble de raisons, explique sans trop s’appesantir Olia Marincek, secrétaire générale de la FAE. Le fonctionnement de l’UNES, sous sa forme actuelle, ne nous satisfait pas.»

L’UNES a réagi hier en regrettant publiquement la décision des étudiants de l’UNIL. «En conséquence, les étudiants et étudiantes de la deuxième université romande (ndlr: plus de 14 000 étudiants inscrits) ne seront plus représentés aux niveaux national et international.» La faîtière estudiantine veut rappeler qu’une telle représentation solidaire est «indispensable pour la défense des intérêts des étudiants». Coïncidence, c’est cette semaine que la CUAE, l’association des étudiants de l’Université de Genève, annonce son retour à l’UNES.

«Cela ne veut pas dire que nous ne souhaitons pas être représentés au niveau national et international, rétorque Olia Marincek. Dans l’immédiat, nous sommes encore membres jusqu’à la fin de cette année civile, ce qui nous permettra de réfléchir à l’après-UNES.» (24 heures)

http://www.24heures.ch/vaud-regions/etudiants-unil-quitter-lunes/story/31031009

« L’UNIL a droit à son tout premier référendum »

"La situation ne s’était jamais présentée jusqu’ici. Les quelque 14'000 étudiantes et étudiants inscrits à l’Université de Lausanne vont avoir la possibilité de voter, probablement en automne de cette année, sur l’appartenance de l’association qui les représente, la FAE, à l’association faîtière nationale, l’UNES. Un comité estudiantin s’est en effet constitué et commence aujourd’hui même à récolter les 200 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum, tel que prévu par les règlements de la FAE depuis seulement 2013.

Formellement, il s’agit d’une remise en cause de la décision prise en avril dernier par l’assemblée des délégués (le parlement de la FAE) de quitter l’UNES d’ici à la fin de l’année. Mais on trouve dans le comité référendaire aussi bien des personnes qui approuvent cette sortie que des gens qui sont contre.

Problèmes de traduction et décisions «par le haut»

L’assemblée des délégués lausannois a pris cette décision parce que, a-t-elle estimé, le fonctionnement de l’UNES ne la satisfaisait plus. En cause, entre autres, des problèmes de traduction et, toujours selon la majorité des délégués de la FAE, une manière de prendre les décisions «par le haut».

«Nous avions fait part de nos critiques à l’UNES et temporisé nos réflexions dans l’attente des réformes demandées, explique Francisco Da Cruz Sousa Martins, coprésident de la FAE. Mais, au début de cette année 2016, l’UNES a interjeté par le biais de sa direction un recours contre la décision d’une de ses sections, l’AGEF à Fribourg, de quitter la faîtière. Il n’y a pas eu de consultation au préalable des sections, ce qui nous semble contraire au respect de l’indépendance de celles-ci assurée par les statuts. Pour nous, c’était la goutte qui faisait déborder le vase, l’élément déclencheur, qui montrait que l’on n’allait pas dans le sens des réformes qu’on nous avait promises.»

Critiques internes

Ironie des choses, la volonté exprimée par la FAE de claquer la porte à l’UNES a été critiquée à l’interne par des étudiants de l’UNIL, avec des arguments proches de ce que les Lausannois reprochaient à leur faîtière: manquements à la procédure démocratique, autoritarisme… de là l’idée de soumettre la question de manière plus large à l’ensemble des étudiants de l’UNIL, afin de garantir une plus grande légitimité à la décision finale, quelle qu’elle soit.

«Nous trouvons bien qu’il y ait un référendum là-dessus, dans la mesure où il se fait dans de bonnes conditions, en accord avec les procédures démocratiques et dans le respect des uns et des autres, commente Francisco Da Cruz Sousa Martins. Et jusqu’ici c’est le cas, nos contacts avec le comité référendaire se passent de manière très respectueuse.» Un avis partagé par les référendaires.

Il reste que de nombreux points doivent être éclaircis pour que la «procédure démocratique» puisse suivre son cours. «C’est inédit pour nous et pour la FAE, analyse Joachim Léger, l’autre coprésident, étudiant en droit. Les seules choses précisées dans nos règlements sont le nombre de signatures, le délai de vingt jours pour les récolter et le fait qu’il faille une majorité absolue des voix exprimées pour valider le résultat du vote.» Rien n’est dit par exemple sur quand doit avoir lieu la votation, ni sur la manière dont doivent être vérifiées les signatures. Un temps articulée, l’idée de demander une carte d’identité aux signataires a été abandonnée car jugée trop lourde.

Quant à l’UNES, son bureau exécutif est lui aussi ravi de la tenue d’un référendum à Lausanne. «Nous aurons, je l’espère, l’occasion de donner notre point de vue sur la question», déclare Gabriela Lüthi, membre du comité. (24 heures)"

http://www.24heures.ch/vaud-regions/unil-droit-premier-referendum/story/11493272?track

« La Fédération des étudiants se retire de la faîtière suisse »

"Un référendum se prépare contre ce départ contesté. Une histoire de dépolitisation, après l’échec de l’initiative sur les bourses.

La Fédération des associations d’étudiants de l’Université de Lausanne (FAE) quitte l’Union nationale des étudiants de Suisse (UNES). Cette décision a été prise lundi soir par 13 voix contre 1 et 9 abstentions par l’assemblée des délégués (parlement) de la FAE, qui a suivi la recommandation de son bureau. C’est seulement mercredi en fin d’après-midi qu’elle a été rendue publique dans un bref communiqué. Hier matin, des étudiants se sont réunis pour préparer le lancement d’un référendum, comme le permettent les statuts de la FAE. L’ensemble des étudiants de l’Université de Lausanne pourrait ainsi devoir bientôt se prononcer sur cette scission.

Le communiqué ne dit rien sur les motivations du retrait, se contentant d’évoquer des «réflexions entamées il y a plusieurs années sur la pertinence de l’appartenance de la FAE à l’UNES». Pourtant, les griefs de la FAE ont été soigneusement développés dans un document de 20 pages rédigé par le bureau pour les délégués, quelques jours avant la séance de lundi.

«Formalisme excessif»

Il est question de «formalisme excessif» de l’UNES pour inscrire une proposition de prise de position hostile à la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III), de «coordination difficile» lors de la campagne sur l’initiative pour les bourses d’études (refusée par 72,5% des ­citoyens suisse en juin 2015).

L’UNES y est aussi accusée de manque de neutralité politique, de manque de transparence interne, de ne pas garantir la traduction de l’allemand au français. Conclusion unanime du bureau: il faut se retirer de l’UNES, devenue «chronophage, énergivore et onéreuse» pour la FAE. Le 15 avril, soit 10 jours avant l’assemblée, trois associations membres de la FAE (sciences sociales et politiques, médecine et biologie), favorables à la sortie de l’UNES, demandaient formellement que le sujet soit à l’ordre du jour avec cette prise de position du bureau.

Affaire fribourgeoise

C’est une affaire fribourgeoise qui semble avoir cristallisé les tensions: le 30 mars, l’UNES a confirmé qu’elle maintenait son recours contre la sortie de l’Association générale des étudiants de Fribourg (AGEF) de l’UNES. Cette dernière est accusée d’avoir commis une ingérence dans les affaires de la section fribourgeoise, partie car elle trouvait sa cotisation trop haute. La FAE est bien seule dans ce combat: toutes les autres sections ont soutenu la faîtière nationale dans sa volonté de ramener l’organisation fribourgeoise dans le giron national.

L’UNES a pu être représentée par deux de ses permanents, lundi soir à Lausanne. Elle avait préparé un document de dix pages pour contester point par point les griefs de la FAE. Dans un communiqué diffusé hier, elle «regrette cette décision et souligne qu’une représentation nationale et solidaire est indispensable pour la défense des intérêts des étudiants».

Dépolitisation

La crise n’est pas dénuée de paradoxes: le week-end dernier, l’UNES tenait son assemblée des délégués, lors de laquelle elle accueillait la CUAE, l’organisation des étudiants genevois, partie en 2002. Lors de cette séance, la FAE était parvenue à faire adopter sa position hostile à la RIE III. Curieusement, c’est pourtant une tendance à la dépolitisation que connaît la FAE depuis quelques années. Après une longue lignée de dirigeants d’obédience socialiste, puis une période plutôt écologiste, ses responsables actuels sont sans étiquette. Leur long réquisitoire contre l’UNES souligne cette méfiance envers les partis.

Il y a trois ans, comme remède au manque de vocations, la FAE avait réformé ses statuts pour que la moitié de ses délégués soit désormais tirés au sort. Auparavant, ils étaient tous élus sur des listes parfois partisanes. Cette mesure a contribué à dépolitiser la fédération, à en faire une organisation dite «de services» soutenant les étudiants dans leur recours, organisant des dons du sang et des fêtes, persiflent certains anciens.

La FAE, en se retirant de l’UNES, n’imite pas que les étudiants fribourgeois, mais aussi les voisins de l’EPFL, dont l’organisation (l’AGEPOLY) avait aussi décidé de partir, il y a deux ans."

Vendredi 29 avril 2016, Jérôme Cachin

http://www.lecourrier.ch/138683/la_federation_des_etudiants_se_retire_de_la_faitiere_suisse